Confiance croissante de la Chine et retrait perçu des États-Unis

12

Les événements récents, notamment l’ouverture du plus haut pont du monde dans la province chinoise du Guizhou, mettent en évidence une disparité croissante dans la façon dont les États-Unis et la Chine perçoivent leur position mondiale. Alors que la Chine projette de gagner en assurance, se vantant même de ses réalisations en matière d’infrastructures dans les médias d’État, certains observateurs aux États-Unis expriment leur frustration face à un déclin perçu de leurs ambitions et des projets à grande échelle.

Le pont du Guizhou comme symbole

Le pont récemment achevé, qui s’élève sur plus de 200 étages au-dessus d’une rivière, est devenu le point central de cette divergence. Non seulement la télévision d’État chinoise l’a utilisé comme plate-forme pour présenter la modernisation, mais elle a également attiré l’attention des médias et des commentateurs occidentaux. Un influenceur canadien a publiquement admis que l’Occident ne pouvait que « rêver » de tels projets, tandis qu’un commentateur américain de droite s’est demandé pourquoi l’Amérique ne poursuit plus de tels exploits.

Il ne s’agit pas simplement d’infrastructures ; cela reflète un changement plus profond dans les récits nationaux.

L’assurance croissante de la Chine

La confiance de la Chine est palpable. Malgré de véritables difficultés économiques – notamment un ralentissement, des crises du logement et une baisse des taux de natalité – le pays reste convaincu de la supériorité de son modèle de gouvernance et de l’inévitabilité de sa croissance continue. Cette image de soi est renforcée par des réalisations tangibles comme le pont de Guizhou, qui constitue un symbole puissant de l’ambition et des prouesses techniques de la Chine.

Stratégie américaine et perceptions du retrait

Pendant ce temps, les États-Unis ont adopté un ton plus modéré, notamment dans leur dernière stratégie de sécurité nationale. Ce document présente la Chine avant tout comme un concurrent économique plutôt que comme un rival global dans les domaines militaire, technologique ou idéologique. Cela représente un changement significatif par rapport aux administrations précédentes, même celles dirigées par le même président.

Les analystes chinois interprètent ce changement comme une preuve du retrait américain, suggérant que les États-Unis perdent tout intérêt à contester l’ascension de la Chine. De telles perceptions enhardissent encore davantage la Chine tout en alimentant potentiellement la frustration aux États-Unis.

L’écart grandissant entre la confiance en soi de la Chine et l’approche plus retenue des États-Unis souligne un changement géopolitique important, avec des implications potentielles sur la dynamique du pouvoir mondial.

Ce n’est pas simplement une question de fierté nationale ; cela soulève des questions sur le positionnement stratégique à long terme et sur la question de savoir si les États-Unis cèdent du terrain dans des domaines de concurrence clés.