Comment la télé-immersion remplace les appels vidéo par une présence 3D en temps réel

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Le Holodeck n’était pas seulement un décor sympa dans Star Trek. C’était un plan. Les fans ont regardé l’équipage de l’Enterprise entrer dans une pièce où les hologrammes semblaient solides, palpables et réels. Aujourd’hui, les ingénieurs construisent enfin l’infrastructure nécessaire pour faire de ce fantasme de science-fiction une réalité tangible. Nous nous dirigeons vers un réseau de communication qui vous permet, à vous et à vos amis, d’interagir dans un espace simulé partagé, que vous soyez dans la pièce voisine ou à des milliers de kilomètres l’un de l’autre.

Les composants essentiels de cette technologie de télé-immersion sont déjà en ligne. C’est la réponse académique et industrielle au Holodeck. La vidéoconférence a déjà prouvé que nous pouvons échanger des données riches en temps réel sans proximité physique. La télé-immersion reprend ce concept et brise les limites des écrans plats. Cela crée un environnement central et simulé où tout le monde se réunit virtuellement. Personne ne quitte son bureau.

Imaginez des employés de Los Angeles, New York, Tokyo et Paris se réunissant dans ce nouvel espace. Ils serreront la main de collègues qui n’existent que sous forme de projections haute fidélité.

Au-delà de l’écran plat : pourquoi la visioconférence traditionnelle échoue

Dans le futur bureau, vous ne composerez pas de numéro. Vous commanderez votre système. “Ordinateur, appelle Joe à Londres.” Soudain, le mur de votre bureau scintille. Joe est assis en face de vous. De son côté, l’expérience se reflète. C’est la promesse de la télé-immersion : amener des personnes éloignées dans un contexte spatial unique et partagé. Les voyages d’affaires deviennent obsolètes.

Les solutions de visioconférence actuelles sont en panne. Nous avons tous enduré le décalage. La vidéo saccade. L’audio se désynchronise. Plus important encore, la vue est statique. Si vous vous levez et sortez du champ de vision étroit de la webcam, vous disparaissez de la conversation. Vous êtes une tête pixelisée sur un bâton.

La télé-immersion résout ce problème. Vous ne pouvez pas sortir du champ de vision de la caméra, car celle-ci capture toute la pièce. Vous pouvez regarder autour du bureau de votre collègue en changeant votre point de vue sur l’écran. Il fonctionne comme une fenêtre sur leur réalité physique, et non comme un portrait plat.

Le moteur derrière l’hologramme

La création de ces environnements nécessite une puissance de calcul qui éclipse celle de votre ordinateur domestique moyen. Le processus est une boucle en trois étapes qui se déroule en millisecondes :

  1. Reconnaissance : Le système identifie la présence de personnes et d’objets dans la salle physique.
  2. Suivi : Il cartographie leurs mouvements dans l’espace 3D.
  3. Projection : Les données sont envoyées à une surface stéréo-immersive pour l’utilisateur distant.

Ce n’est pas seulement théorique. En mai 2000, des chercheurs de l’Université de Caroline du Nord (UNC), de l’Université de Pennsylvanie et d’Advanced Networks and Services ont franchi une étape importante dans le cadre de la National Tele-Immersion Initiative (NTII). Un utilisateur de l’UNC de Chapel Hill a vu des images réalistes en trois dimensions de ses collègues de Philadelphie et de New York. La latence était suffisamment faible pour que l’interaction soit immédiate.

Télé-immersion vs réalité virtuelle : quelle est la différence ?

Les gens confondent souvent ces technologies. Ce ne sont pas les mêmes. La réalité virtuelle (VR) vous place dans un monde 3D entièrement généré par ordinateur. Vous pouvez vous promener dans les forêts numériques. Vous pouvez récupérer des épées virtuelles. La télé-immersion, à ce stade, est différente. Il crée une vue 3D du monde réel. Vous voyez votre véritable collègue, rendu en 3D, mais vous ne pouvez actuellement pas interagir avec la physique de la pièce ni modifier la scène.

La prochaine étape consiste à fusionner ces domaines. Imaginez un environnement VR dans lequel vous pouvez manipuler des objets, superposés à de vrais participants télé-immersifs.

Applications du monde réel

L’utilité s’étend bien au-delà des salles de réunion. Pensez aux jeux. Imaginez un monde sans joysticks. Vous êtes dans le jeu. Vous combattez des monstres. Vous marquez des touchés. Les mouvements de votre corps contrôlent directement l’action.

Les voyages changent aussi. Vous ne prenez pas l’avion pour voir votre famille pendant les vacances. Vous les invoquez dans une salle holographique partagée. À terme, le retour haptique pourrait permettre une sensation physique de toucher. Même les professions à enjeux élevés pourraient en bénéficier. Les médecins peuvent se former à des chirurgies simulées avec des experts à distance. Les soldats peuvent répéter des scénarios de combat dans des environnements photoréalistes sans quitter la base.

Écrans holographiques

Le matériel derrière les premiers systèmes télé-immersifs ressemble moins à de l’électronique grand public qu’à une expérience de laboratoire. Les utilisateurs ne se contentent pas de s’asseoir devant un écran. Ils portent des lunettes spéciales et un dispositif de suivi de la tête. Cette configuration surveille où vous regardez, permettant au système d’ajuster l’image 3D en temps réel.

De l’autre côté de la connexion, le processus est tout aussi technique. Sept caméras vidéo standards suivent la personne projetée. Deux caméras supplémentaires capturent les modèles de lumière réels dans la pièce. Ces lumières aident à calculer des distances précises, garantissant ainsi que la profondeur sur votre écran correspond à la réalité. Bouger la tête vers la droite ? L’image se déplace exactement comme si vous vous trouviez dans cette pièce.

La mécanique de la profondeur polarisée

L’écran divise et polarise l’image. Votre œil gauche voit une version. Votre œil droit en voit un autre. Les lunettes combinent ces signaux. Votre cerveau les assemble en une seule image 3D. C’est le même principe que les lunettes de cinéma 3D polarisées à l’ancienne, mais appliqué à la présence en direct et à distance.

Les premiers tests, comme celui réalisé à l’UNC en mai, ont révélé des défauts importants. L’expérience est loin d’être fluide. Les scènes projetées ne sont actualisées que trois fois par seconde. Cette faible fréquence d’images crée une image saccadée. Cela brise l’illusion. Si la fréquence atteignait 10 images par seconde, le résultat serait différent. Vous regarderiez à travers une fenêtre une autre personne, pas un diaporama de son visage.

Goulots d’étranglement de l’infrastructure et correctifs futurs

La création d’un véritable environnement holographique nécessite une puissance de calcul massive. Les scientifiques proposent plusieurs technologies pour résoudre ces problèmes.

  • Internet2 est conçu pour remplacer l’infrastructure Internet actuelle. Il offre des vitesses 1 000 fois plus rapides que le haut débit actuel. Cette bande passante n’est pas négociable pour transférer les énormes flux de données générés par la téléimmersion.
  • Les écrans stéréo-immersifs doivent évoluer pour présenter des vues cristallines des scènes transmises. La technologie actuelle a du mal à être claire.
  • Les capteurs haptiques visent à permettre aux utilisateurs de toucher les projections. L’objectif est un retour tactile qui imite des objets réels.
  • Des superordinateurs de bureau sont nécessaires pour gérer les milliards de calculs pour les environnements holographiques. Alternativement, un réseau distribué d’ordinateurs pourrait partager cette charge de traitement.

Du trajet domicile-travail à la table de la cuisine

La télé-immersion menace d’effacer la frontière entre présence physique et connexion numérique. Il promet d’être l’outil ultime de travail à distance. Les déplacements aux heures de pointe pourraient disparaître complètement. Au lieu de conduire, vous vous projetez dans la salle de conférence.

Les voyages deviennent optionnels dans la vie quotidienne. Besoin d’assister à une réunion ? La télé-immersion vous y amène. Besoin d’être à la maison pour le dîner ? Vous pouvez projeter dans la cuisine de votre famille. La technologie en est encore à ses balbutiements. Les possibilités sont encore grandes ouvertes.

La télé-immersion brouillera les frontières entre images réelles et images de synthèse.

Pour ceux qui suivent l’évolution de ces systèmes, plusieurs ressources proposent des analyses plus approfondies. Les articles connexes couvrent la mémoire holographique, la réalité augmentée et les mécanismes de la téléportation. Des pôles de recherche spécifiques tels que la recherche sur la télé-immersion de l’Université Brown et la National Tele-Immersion Initiative fournissent des informations techniques. Le Centre scientifique et technologique NSF pour le graphisme et la visualisation explore également la science sous-jacente.